La pierre philosophale – The Zanz blog

Si tu vis, tu lis

Un temps pour se taire

Classé dans : Non classé — 12 mars, 2011 @ 10:23

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Il y a des moments dans la vie dans lesquels il convient d’expliquer,
d’argumenter, de tenter de convaincre. De chercher des solutions, et, si
possible, par le dialogue. De se remettre en question aussi. Mais parfois
aussi, il faut savoir se taire. Et agir. Avec tous les moyens dont nous
disposons. Après les événements d’Itamar, devant une horreur indescriptible, l’Etat
d’Israël se doit de proclamer la fin de toute discussion avec les Palestiniens.
Sans rien exiger de leurs dirigeants : ceux qui n’ont rien su faire quand
des bus explosaient en pleine ville par la faute de notre incommensurable tolérance,
ne feront rien devant le sang d’un nourrisson de quatre mois égorgé comme un
agneau, dans son berceau. Arrêter de lécher la main d’Obama alors qu’il nous
refuse ses caresses, cesser d’écouter les pleurnicheries européennes sur l’obligation
de « retenue », et suivre son cœur et son instinct de survie. La
chasse commence. Elle aura son prix, mais le jeu en vaut la chandelle. La folie
d’Oslo retient notre bras depuis trop longtemps déjà ; la peur de
compromettre des « avancées », de mettre en péril des « promesses »,
d’hypothéquer des « relations ».  Cette même peur qui nous a empêchés d’agir efficacement
pour Jonathan Pollard, d’aller chercher Guilad Shalit là où on l’enterre
vivant, de raser mille maisons à Hébron après le meurtre de la petite Shalevet
Pass. Cette réserve de mise, qui permet à des va-nu-pieds de croire qu’ils
peuvent tirer des missiles sur des villes israéliennes en toute impunité. Cette
crainte idiote et déplacée, qui aurait dû demeurer à Auschwitz parce qu’elle n’avait
plus aucune raison d’être après les chambres à gaz et les fours crématoires, il
faut s’en débarrasser. Et frapper fort, et bien. Sur tous ceux qui veulent
notre mort. Non pas gouvernés par une rage de vengeance futile, mais par une
envie réelle de vivre notre vie d’individus et de peuple. Demain, les
Palestiniens nous remercierons d’être venus faire le ménage chez eux, et les Libanais,
enfin libérés de la folie du Hezbollah, nous jetteront peut-être des fleurs. Mais
demain est loin. Aujourd’hui, il faut se taire. Et agir. Enfin.

Pour Eli

Classé dans : Non classé — 3 février, 2011 @ 12:48

Quand Eli Aziza est arrivé en France, il devait avoir trente deux ans. Jeune officier de l’armée israélienne, esprit mathématique brillant, il avait choisi Tikvatenou pour venir donner son temps et son âme au peuple d’Israël. Le mouvement de jeunesse du Consistoire était alors une joyeuse oligarchie dont les sujets, formés par le Rabbin Roitman, les Marx Brothers et les Monhy Python, venaient d’éconduire un directeur trop autoritaire et d’user jusqu’à la corde un chaliah trop conciliant. En deux mots : le piège. Eli, qui sortait à peine de la guerre du Liban, se rendit vite compte que les arsenaux secrets de Septembre noir au pays des cèdres allaient être de la rigolade par rapport aux stocks de pétards des frères Zanz ; qu’Arafat était un dictateur comique comparé à Michel Zribi ou à Monique Nabet; et que les Imam qui invectivaient les fanatiques de Beyrouth pouvaient venir prendre des cours chez Roger Koubi, quand ce dernier était en transe. Mais, au terme de deux ou trois âpres batailles dans lesquelles il laissa quelques plumes, notre héros décida de dévoiler ses propres armes : deux rangées de dents blanches, noyées dans une forêt de poils, et qui illuminaient son visage et votre journée. Une femme merveilleuse qui vous faisait connaître toutes les épouses des patriarches sans que vous ayez à ouvrir un livre. Des enfants sains et beaux dont les accents chantaient Eretz Israël. Une voix magnifique et forte, et un rire qui, prenant sa source à Shekhem, dévalait les collines de Yeroushalaim pour plonger dans les entrailles de Hébron, la ville des Avot, auxquels on ne peut penser sans évoquer ton visage. Je ne vais pas poursuivre longtemps Eli, je sais que tu serais gêné ; celui qui maitrise trop parfaitement le Matan Besseter, le don sans réclames, sans fioritures, ne peut souffrir les louanges. Mais sache qu’hier soir, alors que tes enfants tentaient par leur amour et leurs mots de combler le vide immense, tu as complété notre formation. Tu nous avais appris à rire, rire sans se croire obliger de se moquer d’un autre. La vie, elle, dans ce pays magique, nous a appris à pleurer parfois. Mais hier tu nous as enseigné comment mettre des sourires dans nos pleurs, car qui peut vraiment pleurer en voyant tout ce que tu as fait ? Et à mettre des larmes dans nos joies, car qui pourra vraiment être radieux en sachant que tu n’es plus là.

Lehitraot grand frère.

La fin justifie les médiocres

Classé dans : Non classé — 5 novembre, 2010 @ 12:41

Poignardé de toutes parts cette semaine par les Brutus de son propre camp, Ehud Barak, non seulement l’homme mais aussi la légende, a eu ce mot superbe pour montrer combien il restait au dessus des partis et des petits intérêts sectaires.

- « N’oubliez pas que c’est pour la Paix que nous sommes partie prenante de ce gouvernement ».

En d’autres termes, pour les non initiés aux cabrioles de ce comique, oh pardon, de l’homme le plus décoré de l’histoire d’Israël, les révoltés du parti travailliste, en s’attaquant à sa personne, rongent la racine même des efforts de Paix avec nos cousins Palestiniens, lesquels, paraitrait-il, seraient déjà bien avancés. Pour les novices en matière de négociations dans la région d’ailleurs; pour les amoureux de contes de fée aussi; ou tout simplement pour les groupies de Mahmoud Abbas à travers le monde, et ces dernières sont légions, je me dois de vous communiquer quelques petits tuyaux utiles pour apprendre à mieux déchiffrer les circonvolutions proches orientales.

 

Glossaire :

 

Les pourparlers avancent :

 

- On se bat pour savoir quel sera le menu de midi et du soir, si jamais Obama nous invite a passer un week-end à Camp David [ et le ciel sait qu’il a bien besoin de vacances, le bougre, ces derniers temps]

 

Les Palestiniens quittent la table des négociations :

 

- cf article précédent.

 

Des pourparlers à couteaux tirés :

 

- cf article premier

 

Les Israéliens sur le grill :

 

- erreur journalistique : à côté du grill, cf aticle d’origine

 

 

Et pareil pour: rajouter du piment aux discussions, les négociateurs en rang d’oignons,  les israéliens nous racontent des salades etc. etc.

 

Mais revenons à nos moutons [page 2 du glossaire pour les recettes]. Le grand général. Oui, Barak dans tout ça alors, quelle sera son avenir politique? Lui qui n’hésite pas à mettre en danger sa carrière politique pour la Paix, qu’elles sont ses réelles idées sur toutes les questions de règlement social et économique avec nos voisins? Eh bien attendons que le dialogue prenne son essor et, lui aussi, finira bien par se mettre à table.     

 

 

Rabin, quinze ans d’amour…

Classé dans : Non classé — 25 octobre, 2010 @ 10:54

Allez, je vous raconte une belle histoire d’amour. Mais non, pas sur moi, aucun rapport, laissez tomber mon titre racoleur pour l’instant : pour les plus analphabètes d’entre vous, rassurez vous, je n’ai eu aucun chidouh il y a une quinzaine d’années avec un représentant du rabbinat. Pour mes lecteurs plus cultivés, je n’ai pas vécu d’idylle avec Itshak de son vivant et dans le dos de Léa, et moins encore depuis sa mort, ne pratiquant que très peu la nécrophilie. En fait je déterre très rarement les défunts même pour en parler un peu, et moins encore lorsque ces derniers ne m’excitaient que très modérément quand leurs artères pompaient encore. Mais revenons à notre histoire d’amour. C’est comme ça : une fille rêve d’un garçon, tous les jours, sans pouvoir penser à autre chose. Et puis un jour il est là, devant elle, mais lui tourne le dos. Alors, sortant une hache de sa manche, elle lui tranche un bras pour attirer son attention et lui avouer sa flamme, puis, ce dernier s’étant retourné enfin vers elle, manchot mais dispo, elle l’embrasse passionnément. C’est beau non ? Pas crédible ? Ok, alors on se retrouve après la pub. En attendant lisez ça, c’est dans Wikipédia, l’encyclopédie des attardés mentaux :

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Wikipédia :

Âgé de 73 ans, Yitzhak Rabin est assassiné de deux balles, l’une dans le bras, pour attirer son attention, et l’autre lui sectionna la colonne vertébrale pour ressortir par la poitrine, près du cœur. L’assassinat eut lieu le 4 novembre 1995, juste après avoir prononcé un discours lors d’une manifestation pour la paix sur la place des rois de Tel Aviv. Son assassin est Ygal Amir, un Juif israélien étudiant en droit et opposé aux accords d’Oslo, conclus en 1993 avec les Palestiniens.

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Vous comprenez, en fait, si vous vous contentez de lui tirer deux balles dans le dos au mec, êtes-vous vraiment sûr d’avoir attiré son attention?

- Hello Itsik, c’est moi qui te descend, oui c’est Ygal, vous ne me connaissez pas je suis étudiant en droit, légèrement opposé aux accords d’Oslo. Bon allez je vous laisse, ne bougez pas, je vais à présent viser différemment, moins minutieusement, sans plus vous déranger, de façon à juste vous sectionner la colonne vertébrale… Surréaliste ce truc, et quinze ans après le meurtre même pas une bonne âme pour corriger. Quand je pense qu’il s’agit de Rabin: si on ne parlait pas du Premier ministre d’Israël prématurément arraché à la vie en 1995 d’ailleurs, j’aurais moi-même amendé cet article en rétablissant la véracité des actes, et notamment le fait que Rabin a probablement été le premier ministre le plus antipathique de l’histoire d’Israël après Peres, qu’il chantait diablement faux, buvait comme un damné, et qu’il signa des accords d’Oslo lamentables dont on a pas encore fini de payer les effets. Mais, trop respectueux et politically correct pour faire ça, je me contenterai comme tout un chacun de rappeler que sans lui il n’y aurait pas eu d’Opération Entebbe, et que de son temps, on avait le cran de tenter de libérer nos otages au milieu d’un village arabe hostile. Cependant, permettez-moi juste deux petits commentaires sur une paire de ses célèbres citations :

- « Il faut combattre le terrorisme comme s’il n’y avait pas de négociations, et négocier comme s’il n’y avait pas de terrorisme. »

Ben non ! Si tu combats le terrorisme trop fort alors que tu négocies, les tractations tombent à l’eau. Il vaut mieux appeler « victimes de la Paix » les malheureux carbonisés dans un autobus déchiqueté et poursuivre comme si de rien n’était. Victimes de la Paix…tiens, en voilà une autre citation originale! Et puis comment négocier quand tout pète autour ? Pas sérieux ça…

- « La Bible n’est pas un cadastre. »

Ben…si…

Le métro de la Paix

Classé dans : Non classé — 6 octobre, 2010 @ 11:32

 C’est fou comme les gens ne sont pas cool. Déjà que je me ballade depuis deux jours dans un pays sur lequel pèse une lourde menace terroriste, mais en plus, alors que je me trouve sur la ligne 7 du métro , à 18h00, heure de pointe fatale, entre les stations Opéra et gare de l’Est, un gars trouve le moyen de se suicider à la station Cadet entrainant, bien entendu, l’arrêt total du trafic sur toute la ligne. Vu que je fais partie du groupe bien marginal des quatre derniers pigeons qui utilisent des tickets de métro à Paris, je me fais bien entendu escroquer publiquement puisque l’attente pour un remboursement éventuel, comme toute chose en France, doit prendre douze jours ouvrés. Dans le meilleur des cas. De toute façon le mec au micro ne parle pas de dédommagement, il annonce juste, en français et seulement en français – il y a deux cents touristes sur le quai- que tu peux aller voir ailleurs s’il s’y trouve. A Rome conduis toi en romain dit le proverbe, dans une république de bananes ne t’étonnes pas si tu te fais bananer.  « Que sommes-nous supposing to do »? me demande une jeune irlandaise, qui a repéré ma tête de panneau indicateur, dans un anglais parfait. « To cry » j’ai envie de lui répondre dans un anglais déplorable. Mais je me contente de hausser les épaules, pour suivre le proverbe qui dit qu’à Paris il faut se conduire comme un antiphate. Pourtant, bizarrement, cette situation à un goût pour moi de déjà-vu. Je connais bien cette sensation d’être au milieu d’un troupeau auquel on ne demande rien, une masse qui cherche la sortie en marchant les uns sur les autres, avec le sentiment vif de n’être informé que très périodiquement de l’ampleur de l’impasse dans laquelle on se trouve; et tributaire d’un mec qui a pensé que son sacrifice résoudra tous les problèmes. Et qui non seulement n’a rien résolu mais nous met dans la panade la plus complète. Ah mais bien sûr! Suis-je bête!  Je suis rodé et pour cause: depuis les accords d’Oslo, régulièrement, un de nos chefs d’état se découvre une âme de figure historique et se propose, en piétinant notre avis et souvent notre bulletin de vote, de se jeter avec nos intérêts les plus primaires sous le métro de la « Paix ».  Le résultat? Relisez l’article, tout y est… sauf le prix qu’à chaque fois il va falloir payer. 

ONU soit qui mal y pense

Classé dans : Non classé — 24 septembre, 2010 @ 1:17

En l’espace d’une journée, deux jolis records pour la Société des Nations : le premier est, une fois de plus, de laisser la parole à un charlatan atomique qui  déverse sa bile, ainsi qu’un remake de la théorie du complot du 11 Septembre, sur les représentants du monde entier très attentifs à ses subtils propos. Le second, est d’avoir enfin réuni les preuves « concrètes » de la rare et inutile violence du raid israélien sur la flottille humanitaire pour Gaza. Nous sommes très intrigués d’ailleurs et impatients de les écouter. En attendant, ces belles performances confirment une fois de plus l’inutilité chronique de ce vestige de rêves planétaires romantiques depuis longtemps battus en brèche. Quel intérêt de donner une place aussi centrale à une organisation aussi pathétique ? On peut se le demander à plus d’un titre. Car malheureusement, sur l’échiquier des états de ce monde, pas de grands changements depuis Machiavel : chacun ne pense qu’à son propre gain. Constamment. Et, de surcroit, la raison du plus fort reste de loin la meilleure. Petit exemple : que sont devenus les pogroms, activité tellement divertissante à laquelle se sont livrés tant de peuple à l’encontre des juifs ? Les spoliations, les massacres ? Bizarrement, depuis que les juifs sont capables de rendre les coups, et relativement correctement, comme dans les cours de recréation lorsque vous ramenez soudain deux copains musclés, les caïds ne sont plus légions. Incroyable! Allez allez, que l’ONU nous condamne si ça lui fait plaisir, tant que cela reste du vent comme 99,9 % de ses propos et autres décisions, on peut dormir tranquille. Mais franchement, faire monter à la tribune des petits Hitlers pour entériner le droit des peuples tordus à ouvrir leurs bouches…

Le Rav Moshé est parti

Classé dans : Non classé — 19 septembre, 2010 @ 9:57

Un jour, alors que je critiquais ouvertement les travers de l’establishment religieux en Israël, la médiatisation à outrance de certains moralisateurs chapeautés et autres liseurs de mezouzot énigmatiques et infatués, une amie m’a fait la remarque suivante : « mais tu n’as donc aucun respect pour les rabbins ? ». J’ai haussé les épaules en retenant une répartie cinglante, mais la phrase m’a tout de même interpellé. Comment en étais je arrivé là, moi, le rejeton d’une famille dans laquelle on apprenait seulement sur le tard que Rabbi Meir avait d’autres amis que nous ?  Moi qui avais passé ma jeunesse sur les genoux du Rav Naouri ? Qui avait appris le dévouement intégral à la communauté dans le giron du Rabbin Riahi ? Moi qui, adolescent, trouvais plus que logique l’exigence du Pirké Avot de trouver une place sereine près de la poussière des pieds des tsadikim. Je n’ai pas vraiment trouvé de réponse claire. Jusqu’à hier soir, quand on a annoncé le décès du Rav Moshe Botschko, parti clandestinement à l’heure où le Tsibbour avait les yeux fixés sur le ciel. Et là, à cause du vide cruel, je me suis souvenu de tout. Et surtout de la règle d’or : un rabbin est avant tout un être d’amour, la bienveillance faite homme, celui qui vous suit de votre naissance à votre mort en vous tenant la main, un sourire aux lèvres ; un être bien qui vous fait du bien, et vous communique l’envie d’en faire aussi. Un homme qui ne possède sûrement pas toutes les réponses, mais dont chacun des gestes est la réponse à tout. Il n’y a pas de plus grande rancœur que celle générée par un amour déçu. Mais si les rabbins critiques et menaçants, oui ceux qui vous prédisent un funeste destin si vous ne corrigez pas vos voies ou si vous n’allongez pas un gros chèque à leurs œuvres [dans l’ordre que vous voudrez] m’ont découragé et m’ont refoulé dans l’opposition, certains sages, espèce en danger d’extinction, me retiennent plus proche que jamais. Le rav Moshé était le chef de file de cette école aujourd’hui incongrue. Ceux qui ont fait énormément dans leur vie parlent très peu : ils ne viennent pas en hélicoptère pour dispenser un cours, ils vont à pieds, malgré leur âge, pour sentir la terre sainte sous leurs semelles et pour mieux apprécier les mouvements des juifs qui vaquent à leurs occupations. Et cela suffit à leur bonheur. Et au vôtre. Et quand ils parlent, chacun de leur mot est une lettre d’amour adressée à leur peuple, à leur thora, à leur pays et au Créateur. Personnellement, bien qu’habitant à deux cent mètres de chez lui, je n’ai que très peu connu cet homme filiforme et osseux que je voyais chaque jour déambuler en s’appuyant sur sa canne: une fois par an je partais juste l’entendre réciter Kol Nidré de sa voix marginale, tremblotante comme celle d’un chofar. Et je cachais mon émotion. Et ma techouva était alors acceptée. Mais cette année le Rav n’était pas là : hospitalisé disait la rumeur…

Et mon kippour est resté orphelin de père.

Que le souvenir de cet immense Tsadik soit béni.

La fin du moratoire

Classé dans : Non classé — 5 septembre, 2010 @ 3:37

Un passage télé très court mais drôle comme me le disait Barak Obama tout à l’heure…

En attendant un article pour vous souhaiter la nouvelle année juive…petit cadeau pour vous lecteurs…

http://www.france24.com/fr/20100902-focus-proche-orient-l-enjeu-des-colonies-negociation-paix-israel-palestine

 

Le sourire du chef

Classé dans : Non classé — 20 août, 2010 @ 4:08

 A l’heure où les généraux israéliens se livraient cette semaine une guerre verbale sans merci, suite au document « Galant » qui fera encore couler beaucoup d’encre, je me promenais vers une heure du matin à la frontière libanaise. J’aime en effet sortir pour cueillir le coquelicot aux heures les moins chaudes de la journée, et là où il pousse le mieux, c’est-à-dire aux endroits où le Hezbollah a l’habitude d’arroser abondamment. Plus sérieusement, je raccompagnais mon fils à sa base située à l’extrémité du pays entre nulle part et va savoir où, après les trois jours qu’il avait réussi à passer avec nous, sa famille, transformée pour l’occasion en une bande de joyeux touristes. Au fin fond de la nuit, on croise sur ces petits chemins de traverse bon nombre de véhicules blindés, qui nous aident à nous souvenir que chez nous l’ombre de la guerre n’est jamais très loin. Je dépose donc mon soldat dans cette unité perdue, avec une pensée pour les parents de Guilad Shalit. J’ai d’ailleurs à cette occasion un message à transmettre au terroriste qui aurait des visés sur mon enfant : abstiens toi mon coco, et vis ! Où j’en suis ? Ah oui je me suis perdu ! Au propre et au figuré d’ailleurs, car en revenant de la base, mon GPS, qui pourtant avait eu la bonne idée à l’aller de m’indiquer le chemin le plus court, c’est-à-dire par les sentiers les plus fracassés d’Israël, me lâche de piteuse façon à l’endroit le plus noir et le plus défoncé de mon chemin de croix. Ici une petite pensée pour Jésus fort à propos, car je me dis que si je me prends un clou dans le pneu, je risque de passer la nuit avec Nassrallah. A droite un panneau attention frontière devant vous, à gauche même topo, et tout droit accès interdit pour cause de… passage de frontière. Très dangereux car cette dernière peut en cacher une autre. Et là je pense à ces grosses huiles décorées qui nous ont pris le chou toute la semaine avec leurs ambitions à la mords-moi le nœud. « Le grand public retrouvera bientôt sa confiance dans Tsahal» a déclaré aujourd’hui le chef d’Etat Major Ashkenazi. Ne t’inquiète pas Gaby, le public a une très grande estime pour son armée, et pour cause, tous ces simples soldats qui veillent sur nous avec leurs petits sourires d’adolescents sont dignes de la plus grande confiance. Non, ce que nous ne supportons plus, ce sont des leaders qui s’occupent de leurs intérêts personnels avant ceux du pays et du peuple. Ceux qui, à l’aube de la guerre, se préoccupent du cours des actions qu’ils ont à la Bourse, où qui, au cœur même des combats, se demandent si telle ou telle attaque aura un effet médiatique intéressant. Ceux là, nous les voulons dehors. Définitivement.  

 

Macha

Classé dans : Non classé — 28 juin, 2010 @ 7:20

 

La scène que je veux vous conter s’est passée il y a quelques jours, au conservatoire de musique de Pisgat Zeev, un quartier du nord de Jérusalem considéré par le monde comme une implantation illégale, un lieu plein d’immigrants qui l’ont choisi pour ses loyers relativement modérés. Moi, je suis là pour voir mon fils qui, dans le cadre de son étude, va jouer un morceau de clarinette devant un parterre de parents fiers et émus, dans la salle des fêtes. « On écoute ton morceau et puis on se tire » je lui dis, dans un de ces moments d’inspiration que seuls les pères dotés d’une grande sensibilité sont capables de générer de temps à autre. Et lui, trop poli, répond: « bien sûr Papa », comme s’il s’agissait d’une chose entendue, d’une évidence, alors qu’il a très envie d’écouter les compositions de tous ses camarades. Il faudra qu’un jour, Naal Bibik, oui qu’un jour je vous parle de la bêtise des pères, et de combien ils peuvent faire mal quand ils sont vraiment cons. Mais ça sera pour une autre fois. A cause de Macha. Macha, c’est une petite enfant blonde, issue de la grande vague d’immigration, vous savez, celle dont tout le monde dit qu’elle ne nous a ramené que prostitution, délinquance et alcoolisme. En plus d’un demi million de non-juifs.  Mais Macha n’a pas encore l’âge de faire la pute alors elle joue du piano. Elle est une des première à figurer ce soir. Moi je regarde la liste. Flute!  Mon fils est bon quinzième sur vingt cinq tricoteurs. On ne pourra jamais voir un film ce soir! Je peste contre les organisateurs qui n’éteignent pas les lumières, je me moque des portables qui sonnent ou des gens qui entrent et sortent sans trop se soucier des petits artistes. Et puis Macha se présente devant un instrument beaucoup trop grand pour elle. Elle se cale sur son siège. Elle prend son temps, elle…communie. Mais quand ses petits doigts se mettent à courir sur les dents blanches et noires, ils caressent puis ils flattent, puis ils frappent et enchainent et libèrent à la fois, et transcendent soudain; Macha s’agite encore un peu, puis elle boucle enfin le morceau en laissant ses mains suspendues, immobiles dans les airs; la beauté tombe le voile et la grâce, une grâce pudique, espiègle et infinie fait son apparition. Plus personne ne sort et, non, plus de sonneries, si, peut être, une larme, qui s’échappe, sans bruit.

« Les sionistes ne font pas partie du peuple d’Israel » clamait une grande banderole dans la rue Mea Shearim cette semaine. Macha, petit oiseau, pur produit du Judaïsme et du Sionisme, fais moi plaisir mon enfant; quand tu joueras tes divines compositions, oui, juste quelques jours, au risque de perturber l’harmonie de la ronde de tes sons mais au nom de Moché rabénou et de Théodore Herzl, insiste bien sur tes deux majeurs.

 

 

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